En 2003, après une année au DESS « Expertise et développement de l’Economie Sociale » de Danièle DEMOUSTIER   en Science Politique à Grenoble,  Yann SOURBIER a rédigé un mémoire sur le chantier de jeunes bénévoles du Viel Audon qu’il a animé pendant 20 ans…

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Extrait de l’avant propos :

« Ma première rencontre avec le chantier de jeunes du Viel Audon à l’âge de 16 ans, est une grande bouffée d’oxygène.

La confiance en nous enfin témoignée par des adultes, leur pertinence visible autant dans leurs compétences techniques que dans leur engagement à nos côtés dans la vie quotidienne, la multiplicité des rencontres autour d’une action commune à réaliser, l’équilibre entre le travail manuel et les grandes réflexions philosophiques sur la vie, tout concourait à construire un ensemble cohérent dont l’objectif était tout entier de nous permettre de « grandir ».

L’œuvre à accomplir, reconstruire un hameau en ruine, et les moyens pris, compter sur les propres forces de la jeunesse (énergie, enthousiasme, questionnement, solidarité, envie d’être utile…), nous offraient une aventure collective à la mesure de l’humanité qui était à construire en nous même.

Chaque jour était une merveille de découverte, du geste technique à une question restée en suspens sur l’organisation, en passant par la découverte concrète de ce qu’étaient les énergies renouvelables … Sentir la formidable énergie qu’un groupe motivé est capable de mobiliser pour déplacer une montagne donnait confiance dans l’avenir.

Les expériences quotidiennes du chantier sont comme une encyclopédie du savoir-vivre. Chacun peut choisir de s’y questionner là où il en est dans la vie et d’y trouver les réponses qui font naître de nouvelles interrogations… celles qui font mûrir en  faisant vivre des expériences qui favorisent la maturité. 

Porteur d’une certaine rage, cultivée sur les bancs du lycée sur la question de l’égalité des chances à l’école, de l’éveil des potentialités de chacun, de l’usure des méthodes utilisées pour faire de nous des citoyens émancipés, j’étais profondément à la recherche d’autres formes d’apprentissage de la vie, ne serait ce que pour ma propre vie…

La lecture du livre de A.S. NEIL “ Libres enfants de Summerhill ” mit le feu aux poudres pendant mon année de terminale… “ La majeure partie du travail de classe effectué par les adolescents n’est qu’une perte de temps, d’énergie et de patience… il vole à la jeunesse son droit à jouer… il met de vieilles têtes sur de jeunes épaules. ” [1]  Dans mon esprit, nous étions bien tous victimes d’une formidable supercherie éducative qui au nom de Jules Ferry tentait de nous mouler dans le plus petit commun dénominateur de l’humanité. Ce constat sans nuance, pris au pied de la lettre, allait fournir en énergie pendant de nombreuses années, ma recherche d’alternatives éducatives… »

[1]              A.S. NEIL – Libres enfants de Summerhill – Edition MASPERO – 1970 – p 39